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Pension des mères : 24 ou 23 meilleures années retenues dès le 1er septembre 2026

Un décret publié fin juillet 2026 réduit de 25 à 24, voire 23, le nombre d'années retenues pour calculer la pension des parents ayant eu des enfants. Le mécanisme, ses vrais bénéficiaires, et ce qui ne change rien pour les mères déjà retraitées.

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À partir du 1er septembre 2026, la pension des parents ayant obtenu des trimestres pour enfants se calcule sur 24 meilleures années au lieu de 25 pour un enfant, et 23 pour deux enfants ou plus. Seules les pensions liquidées à compter de cette date sont concernées, pas celles déjà versées.

25, 24 ou 23 ans : que change vraiment le décret ?

Pour un salarié du régime général né après 1953, la pension de retraite se calcule sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, une moyenne appelée le salaire annuel moyen. Plus cette moyenne est élevée, plus la pension l'est aussi.

Le décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026, publié au Journal officiel, réduit ce nombre d'années pour les parents qui ont obtenu des trimestres de majoration ou de bonification au titre de leurs enfants. Il retient :

  • 24 meilleures années pour un parent ayant eu un enfant
  • 23 meilleures années pour un parent ayant eu deux enfants ou plus

Concrètement, écarter une ou deux années supplémentaires du calcul retire mécaniquement les années les moins bien rémunérées, souvent celles où un temps partiel ou une interruption de carrière a suivi une naissance. La moyenne remonte donc, ce qui augmente le montant de la pension calculée, sans changer le montant des cotisations versées.

Qui profite de la mesure, et qui n'en profite pas ?

La condition d'accès est précise : il faut avoir bénéficié d'une majoration ou d'une bonification de durée d'assurance au titre des enfants, un dispositif déjà existant qui ajoute des trimestres au compteur retraite des parents. Sans ces trimestres, le nombre d'années retenues reste de 25.

Le décret s'applique au régime général, mais aussi à la fonction publique territoriale et hospitalière, aux salariés agricoles, aux ouvriers des établissements industriels de l'État et aux clercs et employés de notaires. La fonction publique d'État suit des règles de calcul différentes, non concernées par ce texte.

Seul un détail change tout pour les personnes déjà retraitées : la nouvelle règle s'applique uniquement aux pensions qui prennent effet à compter du 1er septembre 2026. Une mère partie à la retraite en 2024 ou en 2025 continue d'être calculée sur 25 années, sans révision possible de sa pension actuelle.

"Plus d'une femme sur deux" : un chiffre à relativiser

Le ministère du Travail présente la mesure comme bénéficiant à plus d'une femme sur deux, une manière de souligner que ce sont majoritairement des mères qui cumulent des trimestres pour enfants et des carrières marquées par le temps partiel. Aucun montant en euros n'accompagne cette annonce, ni pour la pension moyenne gagnée, ni pour le coût de la mesure pour les régimes de retraite.

Le mécanisme reste modeste par construction : il ne retire qu'une ou deux années du calcul, dans une carrière qui en compte souvent une quarantaine. Pour une femme dont les années déjà écartées du calcul des 25 meilleures étaient déjà ses moins bonnes années, le gain sera minime, voire nul.

Un texte compagnon, le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026, ajoute une mesure distincte : jusqu'à deux trimestres liés aux enfants peuvent désormais compter dans les conditions d'accès au départ anticipé pour carrière longue, le dispositif qui permet de partir avant l'âge légal quand on a commencé à travailler tôt. Une évolution utile pour partir plus tôt, mais qui ne corrige pas l'écart de pension entre hommes et femmes, structurellement lié aux écarts de salaire et de temps de travail pendant la vie active.

Comment savoir si l'on est concerné avant de partir à la retraite ?

La mesure ne demande aucune démarche avant le 1er septembre 2026 : le nouveau nombre d'années s'applique automatiquement au moment du calcul de la pension, pour toute personne qui liquide ses droits à cette date ou après.

Pour estimer l'effet réel sur son propre dossier, mieux vaut consulter son relevé de carrière sur info-retraite.fr et repérer les années les moins rémunérées de ses 25 meilleures actuelles. Si ces années sont déjà proches de la moyenne, la réduction à 24 ou 23 ans changera peu de choses.

Reporter volontairement son départ après le 1er septembre 2026 dans le seul but de bénéficier de la nouvelle règle n'a de sens que si le calcul y gagne réellement : un report de plusieurs mois pour un gain de quelques euros mensuels reste rarement le bon calcul, comparé à liquider dès que les conditions d'âge et de trimestres sont réunies.

Questions fréquentes

Les mères déjà à la retraite verront-elles leur pension augmenter ?

Non. Le décret ne s'applique qu'aux pensions qui prennent effet à compter du 1er septembre 2026. Une pension déjà liquidée avant cette date n'est pas recalculée, même si elle a été attribuée avec une majoration pour enfants.

Faut-il avoir eu au moins deux enfants pour bénéficier de la mesure ?

Non, un enfant suffit pour passer de 25 à 24 meilleures années. Il faut deux enfants ou plus pour bénéficier de la réduction plus favorable, à 23 années.

Cette réduction du nombre d'années concerne-t-elle tous les retraités ?

Non, uniquement les parents ayant obtenu une majoration ou une bonification de durée d'assurance au titre de leurs enfants, dans le régime général et plusieurs régimes alignés. La fonction publique d'État suit d'autres règles de calcul.

Faut-il faire une demande spécifique pour en bénéficier ?

Non, la nouvelle règle de calcul s'applique automatiquement lors de la liquidation de la pension, sans démarche supplémentaire, pour toute personne remplissant les conditions à compter du 1er septembre 2026.

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Sources

Les montants, taux et plafonds cités valent à la date indiquée et peuvent évoluer.