Une loi votée le 13 mai 2025 avait imposé aux banques de traiter gratuitement trois catégories de successions, à compter du 13 novembre 2025 : celles d'un défunt mineur, celles dont le total des comptes et de l'épargne restait sous 5 965 euros, et les successions dites simples, réglées par un acte de notoriété (le document notarié qui liste officiellement les héritiers) sans complication particulière.
Le Conseil constitutionnel a annulé ces trois cas de gratuité par une décision du 19 juin 2026 (n° 2026-1207 QPC), rendue à la suite d'une question prioritaire de constitutionnalité, la procédure qui permet de contester une loi déjà en vigueur. Les juges ont estimé que l'obligation de facturer zéro euro, quel que soit le travail réellement effectué par la banque, portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre.
Le plafond qui limite les frais bancaires à 1 % du montant total des comptes et produits d'épargne du défunt, avec un maximum de 857 euros, n'est en revanche pas concerné : le Conseil constitutionnel l'a jugé conforme à la Constitution. C'est ce plafond, et lui seul, qui protège encore les héritiers contre une facture disproportionnée.
La décision s'applique immédiatement depuis sa publication, le 20 juin 2026. Concrètement, toute succession que votre banque traite aujourd'hui peut être facturée, même si elle relevait hier encore de l'un des trois cas de gratuité.