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Livret A et LDDS à 1,7 % au 1er août 2026 : ce que la hausse change vraiment

Le Livret A et le LDDS passent à 1,7 %, le LEP se maintient à 2,5 %. Les chiffres officiels, le gain réel en euros, et ce que cette annonce ne change pas.

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Au 1er août 2026, le Livret A et le LDDS passent de 1,5 % à 1,7 %, le LEP reste à 2,5 %. Sur un Livret A au plafond de 22 950 €, la hausse rapporte 45,90 € de plus par an. Avec une inflation de 1,8 % sur un an en juin 2026, le rendement réel reste négatif.

Ce que la hausse rapporte vraiment : 45,90 € par an sur un Livret A plein

Le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026. Le LDDS suit à 1,7 %. C'est le livret de développement durable et solidaire, dont le taux est indexé sur celui du Livret A. Les deux étaient fixés à 1,5 % depuis le 1er février 2026.

Traduit en euros, sur des livrets remplis jusqu'au plafond :

  • Livret A, plafond 22 950 € : 390,15 € d'intérêts sur une année pleine, contre 344,25 € à 1,5 %. Soit 45,90 € de plus par an.
  • LDDS, plafond 12 000 € : 204 € contre 180 €. Soit 24 € de plus par an.
  • Les deux réunis, 34 950 € placés : 69,90 € de plus par an.

Et encore s'agit-il d'un gain d'année pleine. En 2026, le nouveau taux ne court que du 1er août au 31 décembre, soit cinq mois : le supplément réellement encaissé cette année sur deux livrets pleins tourne autour de 29 €. C'est un dîner à deux, pas un changement de stratégie patrimoniale.

Deux détails de mécanique méritent d'être connus. Les intérêts se calculent par quinzaines entières : un versement effectué entre le 16 et le 31 d'un mois ne commence à produire des intérêts que le 1er du mois suivant, un versement du 1er au 15 seulement le 16. Et les intérêts ne s'ajoutent au capital qu'au 31 décembre : ils ne travaillent à leur tour qu'à partir de l'année suivante.

Une hausse qui suit l'inflation, elle ne la rattrape pas

Le taux du Livret A est révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août. La formule combine l'évolution des prix hors tabac et la moyenne des taux interbancaires de la zone euro. Elle constate l'inflation passée ; elle ne protège pas contre l'inflation à venir.

Or en juin 2026, les prix à la consommation ont progressé de 1,8 % sur un an, et de 1,7 % hors tabac. C'est l'indice retenu par la formule, qui écarte le tabac parce que ses hausses relèvent de la fiscalité et non du marché.

Mettons les deux chiffres côte à côte : 1,7 % de rendement face à 1,8 % d'inflation. Le rendement réel, ce qui reste une fois l'érosion des prix déduite, demeure négatif. Sur un Livret A au plafond, cela représente une vingtaine d'euros de pouvoir d'achat perdus sur l'année, pendant que le relevé annuel affichera 390,15 € d'intérêts. Les deux énoncés sont vrais en même temps, et seul le second sera mis en avant.

La hausse est donc une bonne nouvelle relative : le livret perd moins qu'avant. Ce n'est pas une bonne nouvelle absolue. Un placement qui préserve à peu près le pouvoir d'achat fait correctement son travail de réserve de sécurité ; il ne fait pas fructifier un patrimoine, et rien dans cette annonce ne modifie ce partage des rôles.

1,7 % net d'impôt, c'est environ 2,48 % brut ailleurs

Le Livret A, le LDDS et le LEP partagent une caractéristique que presque aucun autre placement ne possède : leurs intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le taux affiché est le taux encaissé.

Ailleurs, ce n'est pas le cas. Depuis le 1er janvier 2026, les revenus de placement relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique (le PFU, ou « flat tax », l'imposition par défaut des revenus de capitaux) au taux de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG, la CRDS et le prélèvement de solidarité), après une hausse de 1,4 point de CSG.

Attention à une erreur devenue courante depuis janvier : ces 18,6 % ne sont pas universels. L'assurance-vie, le PEL et le CEL sont restés à 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un PFU de 30 %. Les revenus fonciers également. Appliquer 18,6 % à tout est faux.

La comparaison honnête se fait donc à fiscalité égale :

  • Pour rapporter autant que 1,7 % net, un placement taxé au PFU de 31,4 % doit servir environ 2,48 % brut.
  • Un support dont les prélèvements sociaux sont restés à 17,2 %, donc taxé au PFU de 30 %, doit servir environ 2,43 % brut.

C'est la seule façon correcte de juger un taux annoncé : après impôt, puis après inflation. Dans cet ordre.

Le LEP à 2,5 % échappe à la formule, et reste le livret le mieux rémunéré

Le LEP, livret d'épargne populaire réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond, reste à 2,5 % au 1er août 2026, son niveau depuis le 1er février 2026.

Ce maintien n'a rien de mécanique. L'application de la formule réglementaire aurait abouti à 2,2 %. Le ministre de l'Économie, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, a choisi de ne pas l'appliquer afin de préserver la rémunération des ménages modestes. C'est une décision discrétionnaire, donc révocable : le prochain rendez-vous est fixé au 1er février 2027, et ce « coup de pouce » n'est acquis pour aucune révision future.

Sur le fond, l'écart avec le Livret A se creuse : 2,5 % contre 1,7 %, soit 0,8 point. Sur un LEP rempli à son plafond de 10 000 €, cela donne 250 € par an, contre 170 € pour la même somme sur un Livret A : 80 € d'écart annuel, pour un placement tout aussi liquide, tout aussi garanti et tout aussi exonéré.

Le LEP est surtout le seul de ces trois livrets dont le taux dépasse encore l'inflation constatée en juin 2026 (1,8 % sur un an). Pour un foyer éligible, l'ordre de remplissage rationnel se déduit tout seul : le LEP jusqu'à son plafond, le Livret A et le LDDS ensuite. L'éligibilité se vérifie chaque année à partir du revenu fiscal de référence, et un foyer qui redevient éligible ne le sait généralement pas : personne ne le lui écrit.

Le vrai sujet n'est pas le taux, c'est le montant qui dort dessus

Un dernier chiffre remet l'annonce à sa place : 0,2 point de plus sur un Livret A au plafond, cela fait 45,90 € par an. Pendant que l'attention se porte sur ces 45,90 €, la question réellement coûteuse reste entière : celle de savoir si les 22 950 € du dessous ont quelque chose à faire là.

Un livret réglementé remplit une fonction précise : garder disponible, sans risque de perte en capital et sans délai, la somme nécessaire pour absorber un imprévu. La bonne question n'est donc pas « le taux a-t-il monté ? », mais « combien de mois de dépenses doivent rester mobilisables à tout instant ? ». La réponse dépend de la stabilité des revenus, et elle est structurellement plus élevée pour un indépendant que pour un salarié : revenus irréguliers, impôt et cotisations à provisionner, décalages de trésorerie.

Au-delà de cette réserve, le taux du Livret A cesse d'être le bon repère. Il ne rémunère aucun risque, parce qu'il n'en fait courir aucun. C'est sa fonction, et c'est aussi sa limite. Une hausse de 0,2 point ne justifie pas d'y déplacer de l'épargne longue ; la baisse de 0,2 point de février dernier ne justifiait pas davantage d'en sortir. Un paramètre révisé deux fois par an n'est pas un signal d'allocation.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quel est le taux du Livret A au 1er août 2026 ?

1,7 %, contre 1,5 % depuis le 1er février 2026. Le taux a été relevé de 0,2 point par le ministre de l'Économie, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, avec effet au 1er août 2026. Les intérêts restent exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et le plafond de versement reste fixé à 22 950 €.

Le taux du LDDS augmente-t-il aussi en août 2026 ?

Oui. Le taux du LDDS est indexé sur celui du Livret A : il passe donc lui aussi de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026. Son plafond de versement est de 12 000 €, et ses intérêts sont également exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Pourquoi le taux du LEP reste-t-il à 2,5 % ?

Parce que la formule réglementaire n'a pas été appliquée. Elle aurait conduit à abaisser le taux du LEP à 2,2 %. Le maintien à 2,5 % résulte d'un arbitrage destiné à préserver la rémunération de l'épargne des ménages modestes. C'est une décision discrétionnaire, réexaminée à chaque révision : la prochaine est prévue au 1er février 2027.

Le Livret A à 1,7 % rapporte-t-il plus que l'inflation ?

Non, pas au vu des derniers chiffres publiés. En juin 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 1,8 % sur un an (1,7 % hors tabac). Un rendement de 1,7 % laisse donc un rendement réel nul à légèrement négatif : le capital est préservé en euros, pas tout à fait en pouvoir d'achat. Seul le LEP, à 2,5 %, dépasse ce niveau d'inflation.

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Sources

Les montants, taux et plafonds cités valent à la date indiquée et peuvent évoluer.