Salaire ou dividendes ?
Le vrai arbitrage 2026

SASU ou EURL, ce que chaque euro vous coûte vraiment — cotisations, impôt sur les sociétés, flat tax à 31,4 %, seuil des 10 %. Et pourquoi les solutions extrêmes sont presque toujours perdantes.

Informatif — ne constitue pas un conseil fiscal. Chiffres 2026, hypothèses simplifiées.

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En bref : le salaire est lourdement chargé mais déductible de l'impôt sur les sociétés et créateur de droits ; le dividende évite les cotisations (surtout en SASU) mais subit une double couche — impôt sur les sociétés puis flat tax de 31,4 %. Le bon mix dépend de votre statut, de votre tranche d'imposition et de votre besoin de protection sociale.

Deux statuts, deux logiques

Tout part du régime social du dirigeant, qui n'a rien à voir d'une forme à l'autre :

 Président de SASUGérant majoritaire d'EURL/SARL
RégimeAssimilé-salarié (régime général)Travailleur non salarié (TNS / SSI)
Coût des cotisationsÉlevé (~ 80 % de la rému nette)Modéré (~ 40 à 45 % du net)
Retraite / prévoyanceComplète (régime général + Agirc-Arrco)Plus légère (régime des indépendants)
Chômage❌ Aucun❌ Aucun
DividendesFlat tax 31,4 % — pas de cotisations, quel que soit le montantCotisations TNS au-delà de 10 % du capital (voir plus bas)

Aucun des deux n'ouvre de droit au chômage : c'est l'idée reçue la plus fréquente. Le différentiel de coût du TNS, réinvesti en prévoyance Madelin, peut reconstituer une couverture proche de l'assimilé pour moins cher.

Le salaire : cher, mais utile

Se verser un salaire coûte des cotisations importantes, mais cette rémunération se déduit du bénéfice imposable (elle réduit donc l'impôt sur les sociétés) et ouvre des droits : trimestres de retraite, indemnités journalières, prévoyance. Deux repères 2026 utiles :

  • Valider 4 trimestres de retraite sur l'année demande une rémunération soumise à cotisations d'environ 7 200 € (600 × SMIC horaire). Un président de SASU qui ne se verse que des dividendes valide zéro trimestre.
  • Éviter la cotisation PUMA : un revenu d'activité d'au moins ~9 600 €/an (20 % du plafond de la Sécurité sociale) met à l'abri de la cotisation subsidiaire maladie.

Les dividendes : impôt sur les sociétés, puis flat tax 31,4 %

Un dividende est distribué sur le bénéfice après impôt sur les sociétés — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà — puis subit le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la hausse de la CSG au 1ᵉʳ janvier 2026). Sur option, le barème progressif de l'impôt sur le revenu peut être plus favorable pour les foyers peu imposés (abattement de 40 % et CSG déductible de 6,8 points).

Le mythe des 10 % à corriger. On lit partout que « les dividendes au-delà de 10 % du capital sont chargés ». C'est vrai uniquement pour les TNS (gérant majoritaire d'EURL/SARL) : la fraction dépassant 10 % de (capital + primes + compte courant d'associé) bascule dans les cotisations sociales (~45 %). En SASU, cette règle ne s'applique jamais — d'où l'intérêt d'un capital plus élevé en EURL, ou de la SASU pour qui veut distribuer largement.

Le point de bascule

En additionnant impôt sur les sociétés (25 %) et flat tax, un dividende peut être taxé à environ 48 % au total — à comparer au salaire, chargé mais déductible et créateur de droits. En pratique :

  • Tranche d'imposition faible (0–11 %) : privilégier le salaire (peu d'impôt, droits sociaux) ; pour les dividendes, l'option barème est souvent gagnante.
  • Tranche 30 % : zone d'arbitrage fine — un mix salaire + dividendes.
  • Tranche 41–45 % : les dividendes au PFU deviennent souvent plus efficients, en gardant un socle de salaire pour la protection sociale (et, en EURL, en surveillant le seuil des 10 %).

Exemple illustratif (SASU)

Bénéfice disponible 100 000 €, cible 30 000 € net de salaire, le solde en dividendes. Le coût employeur du salaire réduit le bénéfice imposable, l'impôt sur les sociétés au taux réduit s'applique, puis la flat tax sur la distribution. Résultat d'ordre de grandeur : environ 49 000 € nets en poche pour ~51 % de prélèvements globaux.

Hypothèses simplifiées (coefficients de cotisations moyens, 1 part fiscale). Pour votre situation, essayez le simulateur salaire / dividendes — à valider avec votre expert-comptable.

Les guides détaillés

Questions fréquentes

Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes en 2026 ?

Il n'y a pas de réponse unique. Le salaire coûte des cotisations élevées mais se déduit du bénéfice imposable et ouvre des droits (retraite, prévoyance) ; le dividende supporte l'impôt sur les sociétés puis le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sans droits sociaux. En pratique, un socle de salaire (pour valider ses trimestres et sa couverture) complété par des dividendes bat le plus souvent les solutions 100 % de l'un ou l'autre.

Le seuil des 10 % sur les dividendes concerne-t-il la SASU ?

Non. La règle qui soumet à cotisations sociales la fraction de dividendes dépassant 10 % du capital vise uniquement les gérants majoritaires de SARL/EURL (statut TNS). Le président de SASU, assimilé-salarié, distribue ses dividendes au seul PFU de 31,4 %, quel que soit leur montant. C'est l'avantage structurel de la SASU.

Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?

31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 % au 1ᵉʳ janvier 2026 (hausse de la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital). L'ancien taux de 30 % n'a donc plus cours pour les dividendes.

Peut-on ne se verser que des dividendes, sans salaire ?

En SASU c'est possible, mais rarement optimal : sans rémunération vous ne validez aucun trimestre de retraite, vous n'avez pas de prévoyance, et un revenu d'activité quasi nul combiné à des revenus du capital élevés peut déclencher la cotisation subsidiaire maladie (PUMA). Un petit salaire (au moins ~9 600 € par an) neutralise ce risque et ouvre des droits.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Comme le gérant majoritaire d'EURL, le président de SASU est un mandataire social : il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'ouvre aucun droit à ce titre. Il peut souscrire une assurance chômage privée facultative (GSC, APPI). C'est une idée reçue tenace que « assimilé-salarié = chômage ».

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